A l' origine enregistré par la radio française (EuropeN°1) avec un équipement très basique, Paris 1968 CD sur Stages montre le JHE dans une phase de transition en mouvement du contrôle de la concision de Stockholm 1967 CD au desserrement large de San Diego 1969 CD.
1. Killin' Floor
Jimi monte sur scène avec un léger «gribouillage» non accompagné. Sonnant détendu et déjà réchauffé (c'est le second spectacle de la soirée) Jimi teste les possibilités de son et de rétroaction avec une mélodie plaintive de raga en la mineur, la même clé que la chanson d'ouverture du groupe. Après un compte de 1,2, Jimi mène le groupe dans leur version incendiaire du classique "Killing Floor" de Howling Wolf. Alors que le conservateur (petit 'c'!) Et le farfelu M. Burnett n'aurait probablement pas approuvé la version de Jimi, le JHE dépouille cette chanson à l'essentiel, la rendant sans doute moins subtile que l'original mais beaucoup plus excitante et ' en face, comme diront certains.
Jimi joue un accompagnement combiné au rythme moyen et une intro solo créant l'illusion de deux guitares. Pris à un rythme un peu moins effréné que la performance de Monterey, Mitch (toujours aussi vif) ponctue l'intro par quelques remplissages de batterie qui sonnent presque comme des faux départs. En adaptant le riff ascendant de la chanson en un riff descendant à consonance plus méchante, l'Experience se fraye un chemin à travers cette chanson montrant au public qu'ils sont vraiment des affaires.
Au début du deuxième couplet du solo de Jimi, Mitch et Noel réalisent une baisse dans la section rythmique qui fonctionne bien mais l'effet est légèrement gâché par la qualité sonore boueuse. Dans le troisième chœur du solo, Jimi décolle vraiment avec le retour du cheval (enfin, c'est comme ça que ça me semble!) Qui peut également être entendu à la fin de la chanson.
2. Catfish Blues
Après une brève mise au point, Jimi mène le groupe dans "Catfish Blues" de Muddy Water. C'est une bonne lecture simple et artisanale. Inhabituel pour une chanson seulement deuxième de l'ensemble, il contient le solo de batterie de Mitch. Il s'agit de l'une des dernières performances de "Catfish" que Jimi a donnée car il en incorporera bientôt des éléments dans sa propre composition "Voodoo Chile" et sa valeur en tant que véhicule pour explorer ses racines Blues serait sera bientôt remplacé par la nouvelle forme étendue de "Red House" avec Noel à la basse au lieu de la guitare comme en vedette dans les concerts au cours des mois suivants.
Les plaisanteries de Jimientre les chansons montrent qu'il est d'humeur joviale, en plaisantant sur le morceau groovy appelé "Tune-up Time". Après avoir demandé au public d'être aussi "silencieux que des lapins", Jimi commence la remontée des commentaires de "Foxy Lady". Il taquine le public avec une longue accumulation dans cette version qui est beaucoup moins retenue et beaucoup plus torride que celle du CD de Stockholm 1967.
3. Foxy Lady
L'un des (rares!) aspects banals à l'écoute d'un concert complet de Jimi Hendrix est le temps passé à l'écoute. Jimi était assez dur avec ses guitares et la technologie des instruments de musique n'était pas aussi raffinée qu'elle l'est maintenant, il était donc inévitable qu'il y ait des problèmes d'accord, mais l'auditeur ne peut s'empêcher de sentir que le déroulement d'un concert est entravé par ce nécessaire mais le rituel du musicien frusté.
"Red House" présente Noel à la guitare à 6 cordes, tout comme sur le titre de l'album original Are You Experienced. En ce qui concerne la forme, cette version reste assez proche de l'enregistrement en studio et Jimi reproduit même certains des coups de langue, mais dans l'ensemble, cela semble un peu contraint. L'accompagnement de guitare de Noel, joué ici sur le dessus doré de la Les Paul de Keith Richard, fonctionnait bien en studio, mais lorsqu'il est joué en direct son ton épais (car en tournant la commande de tonalité vers le bas pour fournir beaucoup de `` bas de gamme '', comme nous, les musiciens aimons le faire dire) sonne un peu plombé. C'était presque certainement la dernière fois que Noel jouait
"Red House" sur une guitare à 6 cordes. Lorsque Noel est revenu à la basse, la chanson a pris une toute nouvelle sensation, plus lente, plus longue, plus exploratoire et avec une gamme de volume beaucoup plus dynamique. Malheureusement, les performances parfaitement adéquates de "Red House"
4. Red House
"En ce moment, nous aimerions essayer de le faire, hein, instrumental pour vous juste pour une seconde, vous savez", dit Jimi sur Mitch dans "Driving South." Eh bien, excusez-moi, mais cela ressemble plus à 8 1/4 minutes pour moi! "Driving South" est une simple jam à base d'un riff (il ne change que les accords pour la pause) étiré par les variations de la dynamique et l'interaction étendue entre les membres du groupe. Le thème d'introduction présente des râteaux muets intéressants de Jimi et quand il passe dans le solo qui suit, il cite des extraits de "Rock Me, Baby" et "Tax Free" (que le JHE avait enregistré très récemment aux Olympic Sound Studios à Londres). Dans la section centrale, Jimi tape une partie percussive sur ses cordes que Mitch imite sur les tambours.
"Drivin South"
Enthousiasmée par leur longue jam, la session de mise au point suivante incorpore une version spontanée de dix secondes d'un supposé rockeur Elvis, puis l'ambiance ludique change complètement pour une lecture réfléchie et sincère de "The Wind Cries Mary". Malheureusement, l'une des cordes de Jimi est légèrement désaccordée, ce qui est plus visible sur une piste de son de guitare calme et propre comme celle-ci.
6. The Wind Cries Mary
7. Fire
En changeant à nouveau l'humeur, le JHE entrent dans une performance à haute énergie dans "Fire", l'une des deux pistes à apparaître sur les quatre CD de Stages ("Purple Haze" étant l'autre chanson). Mitch brise la peau de la caisse claire pendant le solo de guitare mais il garde le rythme sur le chapeau haut de forme, puis le simule sur les tom-toms jusqu'à la fin de la chanson.
8. Little Wing
Après une brève pause pour changer la caisse claire, le groupe entre dans "Little Wing", qui est la version enregistrée la plus longue connue avec trois chœurs de solo magnifique à la fin en utilisant des arrêts doubles et triples. La version studio d'Axis: Bold As Love semble toujours incroyablement courte et s'estompe de manière frustrante lors de l'un des solos les plus poignants de Jimi - ici à Paris, Jimi semble totalement détendu et inspiré. Encore une fois cependant, il y a un léger problème de réglage - eh bien: c'est la vie comme le public aurait pu le dire!
9. Purple Haze
Le dernier titre de la soirée est "Purple Haze", qui s'ouvre avec quelques excès de bras de trémolo et un solo de rétroaction / bruit, le JHE interprète cette chanson à un tempo plus calme et fumant que les versions ultérieures présentées sur Stages. Les «oooh» et les «aaah» de Noel sonnent un peu timidement (aussi bien qu'ils le pourraient!) Et au moment où nous avons le dernier couplet - le croiriez-vous?! - La 6e corde de Jimi est plate.
1. Killin' Floor 4:32
2. Catfish Blues
8:46
3. Foxy Lady
5:29
4. Red House
4:24
5. Drivin' South
9:24
6. The Wind Cries Mary
3:55
7. Fire 4:16
8. Little Wing
3:40
9. Purple Haze
5:59
Le deuxième volume de " Stages " propose l'intégralité du second concert donné le 29 janvier 1968 par le Jimi Hendrix Experience à l'Olympia.
Enregistré en mono à l'aide d'un matériel encore rudimentaire par Europe N°1, la qualité audio est nettement supérieure à celle de "Stockholm 67" en terme de dynamique. Mais sans être pour autant vraiment satisfaisante :
les instruments ne sont pas toujours bien équilibrés, et la guitare de Jimi est parfois mixée trop en retrait.
Il y a aussi un certain nombre de temps morts (liés aux problèmes techniques) qui lestent inutilement une édition officielle.
On notera que la pochette de " Paris 68 " provient d'une photo du précédent concert donné à l'Olympia, le 9 octobre 1967.
La setlist présentée ce soir-là par l' Experience était assez originale, notamment en raison de sa tonalité blues : sur les cinq premiers titres, quatre sont des blues !
Après quelques traits de guitare legato joués a capella, Jimi lance sa fameuse introduction du " Killin' Floor " d'Howling Wolf, sur laquelle Mitch Mitchell semble avoir du mal à se placer : il s'y prend à plusieurs reprises avant de rejoindre Jimi.
C'est une version radicalement différente de celle du festival de Monterey : le tempo est plus lent, et la tonalité globale moins urgente. Moins sauvage donc, mais pas inintéressante : les couplets, bien chantés, sont réussis.
L'écoute du solo central n'est pas des plus facile : on distingue de nettes variations du niveau relatif des instruments, conséquence plus que probable des réglages en direct de l'ingénieur du son d'Europe N°1. Le solo de Jimi semble plutôt réussi, habilement servi par les variations de ses accompagnateurs.
Jimi nous livre un court solo final dans une veine similaire.
Suit une des dernières versions de " Catfish Blues " de l'Experience. Les couplets sont assez réussis, même si l'Experience jouait alors régulièrement des versions plus impressionnantes. Jimi n'est pas parfaitement accordé, mais ça reste supportable dans un contexte blues.
Il est intéressant de noter que lors de son premier solo, Jimi développe certains traits que l'on retrouvera ensuite sur "Voodoo Chile" (mais en moins puissants ici), véritable extension du "Catfish Blues" de Muddy Waters.
Après la reprise du chant, Mitch Mitchell se lance dans un solo de batterie plutôt nerveux, où il tire remarquablement son épingle du jeu.
Jimi enchaîne avec un solo à la wah wah, puis met véritablement le turbo en citant le "Cat's Squirrel" popularisé sur le premier album de Cream (le riff "Spoonful" est d'ailleurs effleuré en fin de morceau).
La bonne humeur de Jimi était manifeste ce soir-là : il s'amuse avec le public, y compris lorsqu'il se réaccorde, ce qu'il qualifie de "super titre" : le "Tune-up Time" !
Le groupe joue ensuite un " Foxy Lady " efficace, bien lourd. Lourdeur qui convient parfaitement à ce titre, sorte de proto-Heavy rock... Le chant de Jimi transpire de bonne humeur ! L'ingénieur du son devait apprécier Noel Redding : ses chœurs sont mixés très en avant.
Le solo central est calqué sur celui de la version studio.
Jimi annonce ensuite " Red House ", dont c'est seulement la troisième version Live de l'Experience, avec " Noel Redding à la guitare " : c'est à priori la seule fois où l'Experience reprend la formule de la version studio, où Noel Redding jouait la rythmique sur une guitare, et non à la basse. Noel racontera par la suite qu'il utilise ici une Les Paul Gold Topappartenant à Keith Richards. Le résultat obtenu n'est pas forcément des plus satisfaisants : le son de la guitare rythmique jouée par Noel est assez confus."Red House" est jouée assez "lourd" là aussi, dans un esprit très proche de la version studio. Seul Mitch Mitchell s'en écarte lors du solo, en jouant plus éclaté. Le tempo, que Jimi ne cessera de ralentir dans les mois à venir est ici assez rapide. Ce n'est pas une mauvaise version : Hendrix est rarement à coté de la plaque sur "Red House". Mais il lui manque clairement le petit plus qui fait toute la différence.
Le titre suivant est très intéressant : c'est la seule version connue du " Drivin South " (aka: "Thaw Out") d'Albert Collins jouée en concert (les versions de la BBC constituent un cas à part : elles ont été enregistrées en studio).
Le mixage n'est pas terrible : la guitare de Jimi est trop en retrait. On profite certes du travail de Mitch Mitchell... mais sur ce genre de titre, la guitare DOIT être devant.
C'est regrettable : musicalement, il se passe vraiment quelque chose.
Vous noterez les similitudes entre le passage joué à partir de2:20 par Jimi et la version studio de "Tax Free" qu'il enregistrera par la suite.A 4:31, Noel Redding relance habilement la machine... Son jeu énergique se marie vraiment à merveille à celui de Mitch Mitchell. Et il a le son !
Quelques longueurs tout de même avant la reprise (7:34), même si le seul reproche qu'on puisse vraiment faire à cette prise est son mixage.
Cliquez sur play: "Drivin South"
Hendrix déconne avec l'audience ensuite en annonçant une "Tune-up Song" suivie d'une courte parodie d'Elvis...
" The Wind Cries Mary " comporte du très bon (le chant de Jimi est superbe)... et du très mauvais : les problèmes de justesse plombent littéralement son accompagnement. Et son solo est complètement raté.
L'énergie de " Fire " est communicative : le mixage en retrait de la guitare passe mieux ici. C'est une solide version : le chant de Jimi est impeccable (et autrement plus agréable que celui de Noel, mixé très fort là encore).
Et Mitch est explosif… A un tel point que la peau de sa caisse claire rend l'âme, forçant le groupe à faire une pause, le temps d'en emprunter (puis régler) une autre.
L'introduction de " Little Wing " est pénible : Jimi est complètement désaccordé. Comme sur "The Wind Cries Mary", il réussit l'exploit de faire abstraction des problèmes de justesse (ce qui est pour le moins difficile !) et chante très bien.
Des trois versions soundboard connues, c'est la seule où Jimi étend son solo sur trois cycles. Malheureusement, ce dernier est loin d'être inoubliable : Jimi n'a pas encore trouvé l'équilibre entre tension et lyrisme. Des différentes versions officielles, c'est de loin la plus mauvaise.
Après une introduction bruitiste qui ne décolle pas, Jimi joue le thème de " Purple Haze " sur une Stratocaster totalement fausse. Aspect positif du mixage : les couplets de "Purple Haze" passent bien. Par contre, la sauce ne prend pas durant le solo. Le final bruitiste passe mieux...
La voix de Noel a rarement été mixée aussi fort qu'ici : on comprend pourquoi d'ailleurs.
Jimi termine le titre en gratifiant le public d'un final joué avec les dents : sur l'ensemble du concert, il semble pourtant avoir fait preuve de modération quant à son jeu de scène.
Au final ? Le second volume de "Stages" répond assez bien au projet original : c'est un concert honnête du Jimi Hendrix Experience, avec ses forces et ses faiblesses. Si les premiers titres du concert sont assez réjouissants, je suis plus réservé sur la fin, qui n'apporte rien à la légende du guitariste.
Malheureusement, le mixage du concert n'arrange rien : il est peu probable de voir un jour sortir officiellement "Jimi Plays l'Olympia". Et peu souhaitable.
On peut d'ailleurs s'interroger sur l'opportunité de publier un coffret 4 CD alors que les deux premiers volumes, les moins intéressants, tenaient sans problème sur un seul CD...